En parcourant les travées du Salon du Livre la semaine dernière, je me suis demandé pourquoi le foot n'avait que trop rarement eu droit à une adaptation potable en bande dessinée.
Première impression : une bonne BD de foot, ça n'existe pas
D'une façon générale, les BD de sport ou se revendiquant comme telles sont à éviter à tout prix. Les Rugbymen ou le Tour de France en BD présentent un intérêt très relatif et un dessin qui l'est tout autant. Le genre de cadeau que vous fera votre tante que vous ne voyez qu'une fois par an et qui demandera au vendeur : "je crois qu'il aime bien le sport. Vous auriez une BD à ce sujet?" Plus récemment, la BD Louca a essayé de renouer avec le style "Olive et Tom", en suivant la naissance d'un jeune joueur, coaché par un mentor, et qui-a-des-tas-de-problèmes-en-dehors-du-collège-surtout-les-filles-rolàlà-c'est-trop-injuste. Avec un succès très relatif. Et pas un grand ancien pour rattrapper l'autre : la plus vieille BD consacré à un jeune footballeur en herbe, Eric Castel, est tombée dans un anonymat mérité, tant le style et l'intrigue ont terriblement vieilli.
Les grands de la BD ont oublié le foot
Quand on vous demande quelle est la meilleure BD sur le cyclisme? Allez donc chercher du côté de La Mauvaise tête, un Spirou de Franquin des années 50, l'âge d'or du cyclisme et de la BD qui coïncident, où Fantasio effectue une étape de montagne épique. La meilleure BD sur la course automobile? Dans les 50 et quelques tomes de Michel Vaillant, il y a de vrais morceaux de bravoure, et pour ne rien gâter, un Français champion du monde, ça arrive beaucoup plus souvent en BD qu'en vrai. La meilleure BD de rugby? Oubliez Les Rugbymen et allez donc voir Astérix chez les Bretons... Quand un monstre sacré de la BD s'intéresse à un sport, ça a tout de suite une autre gueule que qu'un obscur anonyme sur une série spécialisée. Franquin, toujours lui, a sans doute réalisé les deux meilleures BD liées au foot : le match épique de la rédaction de Spirou contre l'Olympique Sporting Club du Gazomètre (qui s'est achevé sur le score "barcelonais" de 15 à 1), et le match de foot à l'ambiance so années 50 dans Les Voleurs du Marsupilami.
