Test de FIFA 12 : Un FIFA 11.2 ?
L'arrivée d'un nouveau FIFA est attendue avec fébrilité tous les ans. Peu d'informations filtrent jusque dans les derniers mois où pro-PES et pro-FIFA se battent pour savoir laquelle des deux galettes est la meilleure. Une spécificité du monde vidéo-ludique qui n'est pas sans rappeler les luttes entre supporters lorsqu'il s'agit de débattre qui de l'OM ou du PSG propose le jeu le plus léché. Cette année, on nous promettait la révolution. On aura finalement droit à davantage de frustration.
L'arrivée d'un nouveau FIFA est attendue avec fébrilité tous les ans. Peu d'informations filtrent jusque dans les derniers mois où pro-PES et pro-FIFA se battent pour savoir laquelle des deux galettes est la meilleure. Une spécificité du monde vidéo-ludique qui n'est pas sans rappeler les luttes entre supporters lorsqu'il s'agit de débattre qui de l'OM ou du PSG propose le jeu le plus léché. Cette année, on nous promettait la révolution. On aura finalement droit à davantage de frustration.
Il faut dire qu'au Moustache Football Club, on pense posséder une certaine légitimité en matière de jeux vidéos de football. Kick Off , Nintendo World Cup, Goal, Eric Cantona, Super Soccer, une bonne demi-douzaine de FIFA et d'ISS / PES sont passés entre nos mains, pour notre plus grande joie (FIFA 98, PES 5) ou notre plus grand désarroi, tel que FIFA 11 sorti l'an dernier.
Goal ! (1988) de Jaleco. La pelouse en synthétique de Marcel Picot est un vibrant hommage à cette oeuvre vidéoludique
La dernière version d'Electronic Arts, sortie dans la précipitation afin de contrer son unique rival, PES 11 de Konami donnait l'impression d'un jeu fini à la pisse et truffé de bugs qui ont fait rager plus d'un d'entre nous. La firme canadienne nous promettait donc une révolution et une refonte complète de son poulain, écoulé l'année dernière à plus de 2,6 millions d'exemplaires.
Après une semaine de test intensif de la part du Moustache Football Club, voici donc le verdict. Certainement très différent des copier / coller des dossiers de presse que peuvent vous offrir les sites de jeux vidéos.
MOTEUR PHYSIQUE : LE CARMAGEDDON DU BALLON ROND
Principale innovation, la refonte totale du moteur physique du jeu, nommé Player Impact Engine. Fini les jambes qui s'entremêlent comme un premier samedi soir du mois sur Canal +. Chaque contact de deux adversaires est parfaitement rendu. Par exemple, lorsque vous toucherez un joueur dans sa course, son pied ira taper son autre jambe et le fera chuter, tel un vulgaire Ravanelli dans la surface de réparation. On prend donc un malin plaisir à jouer les Nigel De Jong et à aller briser du tibia, chaque « impact » sera différent, qui plus est lorsque l'arbitre se montre plus laxiste que dans la version précédente. Les blessures sont également mieux gérées. Un tacle violent conduira probablement à une blessure grave et à de nombreux mois d'indisponibilité.
Le mauvais point de ce nouveau moteur physique, c'est l'incohérence de certaines séquences. En multipliant les points de contact sur les joueurs, on se retrouve avec des scènes surréalistes où vos joueurs tombent puis rebondissent, cas particulièrement fréquent lorsque vous chutez sur un adversaire déjà au sol. Les joueurs se déplient brusquement, telles des tapettes à souris (©Loulou Nicollin, 2009).
Ne réglez pas votre téléviseur, vous n'êtes pas à un match d'entrainement de la Squadra Azzurra
Les acteurs sont également plus lourds, l'inertie est donc mieux rendue. Il est plus facile de s'arrêter, d’accélérer, de crocheter, sans pour autant enclencher un geste technique avec votre touche R3 (pour ceux qui jouent sur la console de Sony).
TACTIQUE ET STRATEGIE : FC BARCELONE A TOUS LES ETAGES
Deuxième innovation, la stratégie défensive, soit disant revue et corrigée. Vous défendez donc avec quatre touches, l'une pour effectuer un tacle, une seconde pour un tacle glissé, une troisième qui envoie un coéquipier effectuer le pressing et enfin, une touche qui vous permet de rester à distance du porteur du ballon.
En somme, Electronic Arts a « divisé » une touche en deux : FIFA 11 permettait en appuyant sur une touche d'effectuer le pressing avec son joueur et lorsque celui-ci était à proximité, d'effectuer automatiquement un tacle. Ici, il faudra donc se rendre sur un joueur, appuyer sur la touche permettant de le « locker » et d'appuyer sur la touche tacle, cela au bon moment, sous peine de se voir passer grossièrement ou de commettre une faute. C'est donc cela la révolution du jeu d'EA Sports ? Changer les touches de place ? En théorie, l'idée est intéressante et laisse d'autant plus de liberté aux joueurs d'intervenir ou de « contenir » son adversaire...
...mais en pratique, c'est un désastre.
Si vous faites le choix de faire le pressing sur l'attaquant, vous risquez de lui ouvrir une brèche dans laquelle il s'engouffrera pour fusiller votre gardien à moins de 3 mètres. Les dribbles de l'IA sont d'ailleurs les mêmes que dans FIFA 11, votre adversaire avance, puis crochète et repart. Sauf qu'ici, entre la nouvelle inertie de votre défenseur et le tacle classique qui ressemble plus à un demi-tacle glissé, vous risquez fortement de vous retrouvez avec 5 mètres de retard...
Soit. On se dit qu'à l'instar du football pratiqué sur de vraies pelouses, il est donc plus sage de contenir la phase offensive de son adversaire. Le jeu se transforme alors en attaque / défense où votre adversaire fait tourné, en attendant de trouver une solution, cette séquence digne d'un match de handball pouvant durer une bonne minute ! On comprend alors que EA Sports est fortement inspiré par les phases de jeu du FC Barcelone, capable de monopoliser le ballon, de faire tourner avant de trouver la faille la plus infime au sein de votre forteresse. Malheureusement, peu d'équipes peuvent se vanter de jouer à la manière des Catalans, ce que EA ne semble pas avoir saisi...

Ci-joint, une photo de votre nouvelle tactique défensive : Faire l'essui-glace de droite à gauche en attendant que l'IA perde le ballon
UNE VOLONTE DE CONCENTRER LES EFFORTS A L'ECHELLE DU JOUEUR ET NON DU JEU EN EQUIPE ?
Déjà mis en place lors de l'édition 2010, le « pro virtuel » permet de créer son joueur de toute part et le faire progresser selon ses actions de jeu et son expérience. On sent alors que le système de défense critiqué ci-dessus fait la part belle à ce jeu qui se concentre sur un seul joueur. Une volonté de FIFA de privilégier les aficionados du jeu en ligne à 11 contre 11 et le mode « pro virtuel » ? C'est l'impression que nous a laissé cette version. Il apparaît très difficile de gérer une défense, cela même alors que vous êtes censés gérer un maximum de paramètres de votre équipe et que celle contrôlée par l'IA se prend pour Messi et consorts...
Partisan du jeu de foot face à un ami ou aux longues heures en mode carrière, nous sommes finalement peu intéressé par le mode « pro virtuel » et le jeu en ligne, où vous risquez de tomber face au FC Barcelone ou Manchester United dans la grande majorité des cas. Les « hardcore gamers » à l'ancienne que nous sommes se sentent donc lésés.
Le mode carrière justement. On peut féliciter FIFA de l'avoir un peu travaillé cette année. La gestion de votre équipe est bien plus présente. Les jauges forme / moral font leurs apparitions, les laissés pour compte n'hésitent pas à se plaindre du manque de temps de jeu et il vous est possible également de mettre en place un centre de formation où vos paris sur l'avenir évolueront dès l'âge de 14 ans.
Les fenêtres de transfert ont également été revues, il vous est possible de mettre une transaction en attente, selon l'évolution de votre effectif déjà en place. Les dernières heures du mercato sont également plus intenses. Un fil d'actualités permet également de prendre connaissance des derniers transferts, de vos interventions auprès de la presse, des entraîneurs qui se plaignent de l'arbitrage, réclamant la vidéo ou d'un pays du golfe s’intéressant au rachat d'une équipe ! Ça ne sert à rien mais ces clins d’œil profitent à l'immersion. On regrettera encore que le calendrier des rencontres ne soit pas plus réaliste, il n'est pas rare d'avoir 5 matchs de retard sur votre concurrent direct. Ah oui, on pestera également sur le fait de ne plus pouvoir régler la météo en avant-match. En championnat d’Écosse, préparez-vous à jouer tous vos matchs sous la pluie ou la neige.
EA FOOTBALL CLUB : LE RESEAU SOCIAL VERSION JEU VIDEO
Nouveauté sympathique de cette version, c'est le réseau social EA Sports Football Club. Il permet de suivre l'actualité FIFA 12 de vos amis sur le PSN ou le Xbox Live, suivant un fil d'actualités qui indique vos résultats, si vous avez enregistré une vidéo, etc. etc. et intègre un classement de votre réseau, histoire de voir qui est le plus doué de vos proches. A côté de cela, FIFA 12 vous permet de rejouer les matchs marquants du weekend, le 8-2 de Manchester face à Arsenal ou Bordeaux-Montpellier afin de changer le cours de l'histoire. Enfin, chaque point d'expérience accumulé est capitalisé dans un classement en ligne de votre équipe favorite. Chaque semaine, le classement est remis à zéro et rétrograde les équipes dont les supporters ont été les moins bons. Un plus qui ne changera rien à votre manière de jouer mais qui a le mérite d'utiliser l'importance de la communauté de joueurs intelligemment.
Super réaliste tout de même cette nouvelle version...
FIFA 11.2 ?
Au final, mise à part les deux évolutions majeures citées plus haut, on retrouve un jeu que l'on connaît déjà, avec ces points forts et ses défauts. On citera à sa décharge une rapidité retrouvée dans des menus toujours aussi kitsch, deux nouveaux stades seulement et des commentaires similaires, bref, on est en terrain connu. On reprochera principalement à cette version de faire la part belle au mode « pro virtuel » ou « onze contre onze » en ligne. Paradoxalement, EA Sports complexifie son jeu, le rend de plus en plus paramétrable, au détriment de l'accessibilité. Des paramètres de jeu (fréquence de tacle, de montée des arrières etc etc) qui apparaissent plus comme un cache-misère pour masquer les errances de l'IA...C'est bien dommage car plus les versions passent et plus l'impression de voir FIFA stagner persiste.
Mais à défaut de concurrence, la firme canadienne pourra toujours se permettre annuellement de menues retouches sur sa création qu'elle appellera révolution.


