La MLS : un petit aperçu du football outre Atlantique
Depuis 1996, les Américains et Canadiens voient s’affronter des équipes de soccer de mars à octobre pour obtenir le graal ultime : la coupe MLS. Relancé suite à la coupe du monde 1994, le championnat nord-américain a connu ses heures de gloires dans les années 70. Le Moustache Football Club vous propose un petit détour sur le soccer en Amérique du nord grâce à son envoyé spécial qui se goinfre de poutines à longueur de journée.
Depuis 1996, les Américains et Canadiens voient s’affronter des équipes de soccer de mars à octobre pour obtenir le graal ultime : la coupe MLS. Relancé suite à la coupe du monde 1994, le championnat nord-américain a connu ses heures de gloires dans les années 70. Le Moustache Football Club vous propose un petit détour sur le soccer en Amérique du nord grâce à son envoyé spécial qui se goinfre de poutines à longueur de journée.
Les galactiques avant l’heure
Le championnat nord-américain se fait un nom depuis quelques années grâce à quelques stars mondiales parties s’offrir une pré-retraite dorée. Thierry Henry, David Beckham, Rafael Màrquez, Torsten Frings, Robbie Keane, Marco Di Vaio ou encore Alessandro Nesta. Ces grands noms qui ont fait vibrer les championnats européens sont désormais accueillis comme des missionnaires propageant la bonne parole.
Bien que le football est en pleine expansion outre Atlantique, sachez qu’un championnat y connu ses heures de gloire dans les années 70. Nommé NASL (North American Soccer League), cet anagramme de l’AS Nancy Lorraine réussi grâce au Cosmos de New-York à attirer les légendes d’hier : le roi Pelé, Carlos Alberto, Giorgio Chinaglia ou encore Franz Beckenbauer ont été séduits par le projet. Le Cosmos survola la ligue nord américaine avec 7 places de vainqueur de conférence et 5 coupes de Super Bowl remportées en 13 saisons.
Le New-York Cosmos avec (de gauche à droite) Beckenbauer, Pelé et Chinaglia
Le club co-créé par Steve Ross, alors président de la Warner Bros, a vite compris que les joueurs de renom permettaient d’être performant sur le terrain mais aussi en dehors ! Les droits d’images des joueurs furent alors gérés par Warner Communications, permettant ainsi au Cosmos d’être extrêmement rentable. Malheureusement, le retrait de la Warner Bros plongea subitement le club dans l’incertitude et provoqua la fermeture de la franchise en 1984.
Les Cosmos étaient tellement puissants, que ce déclin soudain porta un coup fatal à la NASL qui connu les Chicago Sting en tant que dernier champion (1984). L’engouement se porta alors sur les sports nord-américains, laissant au soccer une étiquette de sport universitaire réservé aux filles.
Le football business, sans le football
Cet engouement perdu se réveillera 16 années plus tard. Lorsque les USA obtiennent l’organisation de la Coupe du Monde 1994, la Fifa s’assura que les États-Unis remettent en place un championnat professionnel afin d’y promouvoir durablement et efficacement le soccer.
Deux ans après la Coupe du Monde, la première édition de la MLS (Major League Soccer) se déroula avec 10 équipes. L’histoire retiendra que DC United (Washington) fut le premier vainqueur. Cette franchise reste d’ailleurs à ce jour la franchise la plus titrée avec 4 trophées.
La MLS connue une expansion maîtrisée. La dernière équipe ayant intégrée la ligue est l’Impact de Montréal, qui débuta en mars 2011.
Les clubs n’ont pas le même fonctionnement que ce que nous connaissons en Europe. Tout d’abord, il s’agit de franchises. Oui, vous pouvez créer votre équipe de football comme vous achetez un McDonald’s. Vous devez faire votre demande auprès de la ligue et apporter les fonds nécessaires et les garanties de bénéfices économiques. Il n’existe pas de seconde division et donc de promotions et relégations. En fonction des projets proposés, la MLS décide du sort du club.
Les logos du Miami Fusion et Tampa Bay Mutiny. Deux franchises ayant mis la clé sous la porte.
Bien que l’entrée de franchises est drastiquement contrôlée (la MLS réfléchit actuellement à intégrer une 20ème équipe), il est possible de voir une équipe se disloquer si celle-ci n’est pas assez rentable. C’est ce qui arriva au Miami Fusion (2001) et au Tempa Bay Mutiny (2001).
La différence de gestion avec les clubs Européens ne s’arrête pas là. Le salary cap, vous connaissez ?
La DNCG Américaine
Un coup à donner du courage à Michel Platani avec son fair-play financier ou à tuer Jean-Michel Aulas car cette règle empêche le club d’être suffisant compétitif dans les compétitions internationales.
Tout d’abord, il faut se mettre en tête que les clubs ne sont pas propriétaires des contrats signés avec les joueurs. C’est la MLS qui régit tout cela, c’est elle qui possède tous les contrats de joueur.
La ligue attribue ainsi à chaque saison, un budget similaire à chaque équipe. En 2012, chaque franchise disposait de 2.810.000$ (2,28M€) pour payer l’ensemble de son effectif.
Imaginez un instant qu’en ligue 1, lors de la saison 2011/2012, Salvator Sirigu disposait du 20ème plus gros salaire du championnat avec 3M€ brut annuel. Soit plus qu’une équipe de MLS à lui tout seul.
Pour faire court, voici les grandes lignes de la règle de la MLS :
- Chaque équipe ne peut compter plus de 30 joueurs dans son effectif.
- Pour être éligible et sélectionné dans la liste des 30, le joueur doit avoir au moins 18 ans.
- La MLS attribue chaque saison un budget salaires équivalent pour chaque équipe. Ce budget salaires s’élève à 2.81M$ en 2012, soit 2.28M€.
En régissant ainsi les salaires, la MLS souhaite contrôler le budget de chaque franchise et ainsi s’assurer qu’aucune d’entre elle ne court à la faillite à cause d’une mauvaise gestion budgétaire. Cela a également pour conséquence de réduire au maximum les écarts de performance entre chaque équipe et donc de s’assurer que le potentiel de réussite et d’attraction vis-à-vis des supporters reste au plus haut.
David Beckham disputera son premier match avec Los Angeles en juillet 2007. La ligue a du modifier la gestion des salaires pour le faire venir.
Cependant, cela a pour résultat de freiner les clubs dans leur progression. Il est ainsi plus difficile de recruter des joueurs en devenir qui rêve d’Europe et d’euros. C’est pour cela que la ligue autorisa la mise en place des joueurs désignés en 2007. La jurisprudence Beckham rentre alors en jeu.
David Beckham permis à la MLS de connaître le regain d’intérêt médiatique que nous connaissons aujourd’hui. Les têtes pensantes de la MLS ont flairé le bon coup et on tout mis en oeuvre pour modifier les règles.
Le salary cap expliqué ci-dessus s’applique toujours à chaque équipe, mais en parallèle nous devons raisonner avec les salaires de chacun des joueurs désignés :
- Chaque équipe peut choisir un maximum de 3 joueurs désignés.
- Chaque joueur désigné décompte automatiquement 350.000$ dans le salary cap. Si son salaire est supérieur, c’est au club de payer le reste.
- Si un joueur désigné arrive en milieu de saison, seuls 175.000$ seront décomptés du salary cap de l’équipe.
Top 10 des joueurs les mieux payés en MLS en 2012. Source : futebolfinance.com
Aujourd’hui, c’est Thierry Henry le joueur le mieux payé, avec un salaire brut de 4.5M$ par année. Il devance son coéquipier Rafael Marquez (3.7M$) et le britannique David Beckham (3.2M$).
L’Est contre l’Ouest
Aujourd’hui composé de 19 équipes (10 équipes en conférence Est, 9 équipes en conférence Ouest), le championnat est divisé en deux phases. Tout d’abord, la saison régulière qui se déroule de mars à novembre permet à chaque équipe de disputer 34 rencontres : 17 matchs à domicile & 17 à l’extérieur. Jusque là, rien de compliqué, mais accrochez-vous car la répartition des rencontres évolue en fonction de la conférence dans laquelle se situe l’équipe.
- Si l’équipe joue dans la conférence Ouest (9 équipes)
>> Elle jouera à deux reprises à domicile et une fois à l’extérieur contre 4 des 8 équipes de la conférence Ouest.
>> Elle jouera à une reprise à domicile et deux fois à l’extérieur contre les 4 autres équipes de la conférence Ouest.
>> Elle jouera à une reprise à domicile et deux fois à l’extérieur contre 5 équipes de la conférence Est.
>> Elle jouera à deux reprises à domicile et une fois à l’extérieur contre les 5 autres équipes de la conférence Est.
- Si l’équipe joue dans la conférence Est (10 équipes)
>> Elle jouera à trois reprises contre 7 des 9 autres équipes de la conférence Est.
>> Elle jouera à deux reprises contre les 2 autres équipes de la conférence Est.
>> Elle jouera à une reprise contre chacune des 9 équipes de la conférence Ouest (5 matchs à domicile + 4 matchs à l’extérieur ou 4 matchs à domicile + 5 matchs à l’extérieur).
J’ose espérer que l’ajout d’une 10ème équipe dans la conférence Ouest simplifiera les choses, car là j’ai du sortir la calculatrice et l’aspirine.
Classement de la conférence Est de la MLS. Montréal a joué 28 matchs, alors que Philadelphie en a joué 23...
Une fois la saison régulière terminée, les 5 premières équipes de chaque conférence se qualifieront pour la phase finale (playoffs) de la Coupe MLS. Le tableau de la phase finale reste divisé selon le système de conférence Est/Ouest. Les vainqueurs de chaque conférence seront alors qualifiés pour une place en finale, se jouant en un seul match.
Les règles permettant de départager les équipes lors de la saison régulière ont évolué en ce début de saison 2012. Le système de gestion des points reste le même que ce que connaît le football (3pts pour une victoire, 1 pt pour un match nul, 0 pt pour une défaite), mais la MLS a souhaité pousser au maximum l’attaque et donc le spectacle pour départager les équipes en cas d’égalité.
Là où nous avons l’habitude de vérifier la différence de buts (buts marqués – buts encaissés) ou encore les confrontations directes, la MLS va appliquer la règle suivante :
- Nombre de buts marqués,
- Différence de buts,
- Plus petit nombre de points de discipline (cartons jaunes/rouges),
- Buts marqués à l’extérieur,
- Différence de buts à l’extérieur,
- Buts marqués à domicile,
- Différence de buts à domicile,
- Tirage au sort.
Le championnat de MLS connaît une pleine expansion que la ligue souhaite maîtriser à travers le salary cap. Les droits TV s’exportent de plus en plus et les joueurs désignés permettent d’apporter les foules dans les stades. Non concernée par des compétitions continentales, la ligue est actuellement dans un environnement clos qui lui permet de régir chaque faits et gestes des franchises sans se soucier du niveau global. Non exportable en Europe, ce système dispose de ses atouts et de ses faiblesses et a au moins le mérite de poser un oeil neuf sur la gestion administrative de nos clubs. Aujourd’hui composé de 19 franchises, la MLS n’a pas fini sa croissance et est promise à un bel avenir. Jusque quand ? Tant qu’il y a de l’argent qui rentre, tout va bien...



